2022
Alias MEDIATION S.A.R.L-S, accompagne la libération du vaste potentiel créateur de la conception à la réalisation.
Quelle est votre orientation à l'échelle du cycle évolutif de la dépendance ?

Envie de lire ou d'écouter l'histoire ?  Les 2 sont disponibles dans ce post. C'est vous qui choisissez ! 😊

 
 

Posture face à une figure d’autorité

Le passage psychologique de l’état d’enfant dépendant à l’état d’adulte autonome est théoriquement réalisé à travers un processus évolutif que nous vivons de manière répétée tout au long de notre existence. 

Nous sommes en effet souvent amenés à revivre ce même processus avec nos relations, avec des personnes ou des organisations qui représentent pour nous une autorité, quelle que soit sa forme et sa nature.

Dans les années 1970, Katherine SYMOR(1), analyste transactionnelle américaine, a modélisé un « cycle de la dépendance » permettant le développement de l’autonomie.

Il existe 4 phases dans ce processus : la dépendance, la contre-dépendance, l’indépendance puis l’interdépendance.

La description de ces différents stades de développement de l’autonomie peut permettre de redécouvrir des schémas inconscients et de prendre conscience des motivations qui sont sous-jacentes à nos désirs, nos inspirations et à nos besoins profonds.

Parallèlement, la prise de conscience de nos zones de vulnérabilité, des émotions et des blessures qui y sont associées, mise en rapport avec la compréhension de ce « cycle de la dépendance », permet de rentrer en introspection avec nous-même.

Cela permet d’ouvrir une réflexion avec notre conscience multidimensionnelle pour nous permettre de redéfinir nos choix d'existence, d’identifier ce qui peut évoluer ou être améliorer même à la plus petite échelle, dans nos façons d'être, de fonctionner, de traiter, d'agir, d'entreprendre à travers nos réactions, hésitations, doutes, peurs, craintes, ressentis, sensations, sentiments, comportements, attitudes dans l'optique d’accéder à la 4ème phase du cycle : l’autonomie véritable (c'est quoi au juste l'autonomie véritable).

Ressentez-vous l'envie de connaître à quelle orientation vous situez-vous par auto-évaluation ?

Avoir la capacité de le percevoir, c’est pouvoir discerner et orienter ses pas vers l’expression véritable du processus  d’évolution et d'expansion de votre individuation au-delà des personnages construits falsifiés et rôles joués dans le passé .

L’art de cet apprentissage ressemble à une danse spontanée qui répond à un appel de notre nature profonde et celle de la puissante envie de déployer nos ailes vers une pleine autonomie véritable.

Un état de paix,  joie, fluidité, légèreté, d’épanouissement et de réalisation multidimensionnelle de l’être dans la fusion de l’unicité du « Je » et du « nous ».

Une approche parfaitement adaptée pour tous les contextes de la vie. Du développement des enfants, des grandes étapes de la vie courante jusqu’au fonctionnement des organisations, équipes et communautés d’individus.

Cycle de la dépendance 

Il peut être assimilé au cycle originel naturel du biomimétisme de la vie vivante du papillon ; un exemple parfait de métamorphose

Chaque étape progressive est un pas-sage, un parcours initiatique, un deuil du connu pour aller vers l’in-connu, un processus évolutif et expansif naturel et structuré.

Le cycle de la dépendance contient 4 phases de développement pour accéder à une autonomie véritable par rapport à une figure d’autorité. 

Odoo • Texte et Image

 1.    Phase de dépendance 

 
 
Cette phase de dépendance est caractérisée par la présence d’une demande implicite ou explicite.

L’individu est dépendant d’une autorité de quelqu’un ou de quelque chose.

La manifestation de la dépendance ou un comportement traduisant une dépendance, selon le chercheur et psychologue américain Gregory L. JANTZ, (fondateur du Center for Counselling and Health Ressources à Washington), se caractérise par les éléments en rapport à une dépendance affective :

♦  Avoir du mal à prendre des décisions sans conseil ni validation d'un tiers,
Voire attendre que l’autre prenne des décisions à sa place. 

Compter sur d'autres (conjoint, famille, amis ou autres relations) pour assumer les responsabilités dans les domaines importants de sa vie. 

Craindre, fuire et éviter tout désaccord avec son interlocuteur (peur des conflits, d'être rejeté, exclu). 

♦ Avoir du mal à démarrer des projets ou à faire les choses par soi-même.

♦ Se sentir dans l’obligation de satisfaire les demandes et besoins d'autrui. 

♦ Avoir besoin de l'approbation et du réconfort des autres. 

 Être incapable de poser et de défendre ses propres limites. 

Dès lors, la principale préoccupation est de se faire accepter par un individu ou au sein d’un collectif.

De fait, l’individu est prêt à occulter une grande partie de lui-même pour permettre de se sentir inclus. Il ne sait pas dire « non » ou a du mal à l’exprimer.

L’individu existe dans le prolongement du désir de l’autorité.

La dépendance est d’une certaine manière une soumission à l’autre.

L’autorité prend la responsabilité de nos choix, décisions, actions.

Également, le stade ou l’individu veut faire plaisir aux autres.

Un comportement où l'on est amené à faire passer les besoins des autres avant nos propres besoins.

Les psychologues qualifient cette façon de faire « d'assujettissement ou l’oubli de soi » l’assujetti manifeste un intérêt excessif à satisfaire les besoins des autres au détriment des siens (2)

Répondre aux besoins des autres ou aller dans le sens des attentes des autres et laisser vos besoins et vos satisfactions en arrière-plan se traduit par une quête perpétuelle de reconnaissance et souvent une difficulté de trouver sa place ou à donner un sens à son existence. 

De cette expérience avec l'oubli de soi, dans l'inertie, émerge l'envie et le besoin d’une remise en question, d'évoluer, de croître vers la conscience de soi. 

L’individu quitte alors progressivement cet état de dépendance et est prêt à faire le deuil d’une certaine sécurité pour prendre le chemin de la connaissance du « Je » en testant l’opposition de la dépendance, c’est-à-dire la contre dépendance. 

2.    Phase de contre dépendance

 
 
Cette phase de contre dépendance est caractérisée par la remise en question de ce que l’on a appris au cours de la phase de dépendance.

Nous sommes amenés à sortir de l’état de dépendance par le passage d’un positionnement d’opposition, un processus de détachement, de vouloir prendre sa place dans notre unité et plus dans la projection du regard des autres.

Les règles et directives de cette autorité sont décortiquées pour les transposer dans un regard et une perception différents, dans une lutte, une énergie guerrière pour aller chercher les forces d’expression de l’affirmation de soi.

Une démarche vers les retrouvailles de la pleine conscience de l'être véritable, une recherche d’autonomie pour trouver sa propre vérité et sagesse intérieures. 

Dès lors, l’individu veut exister pour lui-même. Il se coupe des désirs et des projections de l'autorité pour pouvoir ressentir ses propres désirs, envies, aspirations et motivations.

Une phase de recherche de l'individualité caractérisée par le regard du plan égocentré sur la programmation mentale falsifiée, les sentiments affectifs, sentimentales à travers le bousculement des émotions basses exacerbées dans les tréfonds des fréquences vibratoires de l'être.

Une communication difficile entre les parties en relation qui se caractérise par du conflit, de la rébellion, de la colère, de la critique ou du jugement envers des conditionnements reçus.

C’est la phase d’apprentissage de dire non et de tester les limites inculquées en rejetant les béquilles de l’autorité. Un juste reflet du combat intérieur pour s’ouvrir à soi-même. Un juste reflet du combat intérieur avec des hésitations maladroites assimilées à des premiers pas dans un espace inconnu et des doutes qui envahissent l’être mais qui va permettre l’ouverture au « moi » et à l’image de ce qu’il ressent être sous l’égide de sa propre autorité. 

Après le passage de cette tempête chaotique intérieure et extérieure, l’individu progressivement se libère du conflit et de son ancienne peau.

Le « guerrier » rend les armes et revient dans un état de calme pour entrer dans la phase de in-dépendance, (un-dépendance, unicité dans l'unité avec soi). 

3.    Phase d’indépendance
 
 

 La phase d’indépendance est la suite de l’apaisement d’un combat intérieur qui se caractérise par un état de non-dépendance, exister en tant qu’individu dans son l’individualité. Voler de ses propres ailes avec ses valeurs, sa singularité, ses choix et décisions. S’approprier ses propres apprentissages et expériences dans sa propre réalité de vie.

Une phase de gestation avec soi-même, l’accès à un esprit de recherche. Un processus d’involution, le deuil d’une certaine sécurité pour prendre le chemin de la reconnaissance, compréhension et connaissance du « JE », dans une masse sociétale ou chacun doit trouver sa place dans l’adversité et le devoir de prendre soin de soi, de se protéger des autres, trouver un confort dans l’inconfort d’un climat d’insécurité. 

L’individu dans son indépendance s’enferme alors, pour un temps du moins, dans la recherche de son intérêt personnel, la naissance d’un certain « égoïsme » tel que mis en forme par le contexte sociétal pour pouvoir survivre.

Il adopte et se construit des masques d’apparences dans le but d’être accepté par les autres. C’est alors la naissance de plusieurs apparences en fonction de ce que les autres veulent qu’il soit. Une forme d’autonomie illusoire emprisonnée dans des dépendances à l’autre. 

Lors de cette phase, certaines personnes vivent une forme de conformisme et de « sacrifice de leur être soi-même ». Elles ont construits des murs psychologiques qui les enferment dans des conditionnements, des contraintes qui peu à peu asphyxient leur liberté de penser pour être soumises à des volontés ou courants de pensées extérieurs.

L’expression du « JE » est limité par les peurs, les craintes de ce que les autres pensent par leurs jugements, par leurs critiques et leurs évaluations.

L’individu s’exprime alors dans une dimension « du faire plaisir » à l’autre pour être apprécié, aimé ou accepté et oublie ses propres aspirations, besoins, désirs. 

Parfois, il s’avère que l’individu reste dans cette étape toute sa vie si le positionnement de son existence au sein d’un groupe est sous l’influence et le conditionnement du regard de l’autre.

En revanche, s’il en prend conscience, progressivement l’individu va réussir à dépasser ses peurs et ses anciennes croyances pour croitre et se mouvoir vers le stade de l’interdépendance. 

4.    Phase d’interdépendance
 
 

Cette phase termine le processus d’accès à l’autonomie véritable, une phase de libération du soi, le passage du « JE » au « NOUS » dans sa pleine puissance.

Le passage d’un état à un autre ; la métamorphose.

Les masques construits en phase d’indépendance limitée se déconstruisent, c’est le temps de l’abolition à ce qui nous limite pour laisser la place à du neuf.

L’individu s’accepte tel qu’il est, dans son authenticité, sa spontanéité, sa sagesse et sa vérité. Il se dédouane des regards extérieurs, il s’épanouit en dépassant la stagnation pour faire naitre l’élan du désir du cœur, un élan libérateur et co-créateur.

Il grandit en exprimant ce qu’il est au plus profond de son être et dans une nouvelle logique d’action basée sur ses émotions de hautes fréquences, ses aspirations profondes, et ses intentions de vie actées.

Aller plus loin dans l’autonomie véritable
 
 

Une fois que l’individu a pu s’émanciper positivement d’une relation dans le cadre de laquelle, il s’empêchait d’être lui-même, une nouvelle aventure commence.

Il est temps pour lui de devenir pleinement conscient de ses talents, de ses dons et de ses capacités pour les mettre à son service et l'offrir en partage au monde.

Un mouvement vers l’acceptation de soi et l’acceptation de l’autre, avec ses différences et ses singularités.

L’individu trouve peu à peu sa juste place axée dans une volonté supérieure, celle du respect et de l'intégrité de tout ce qui l'entoure et de l’intérêt mutuel, réciproque et partagé.

Cette nouvelle étape lui permet de reprendre en main son « JE » le plus complet.

« JE » fais des choix en direction d’intention claire,

« JE » sais ce que je veux et « JE » sais où je veux aller.

« JE » suis pour un enrichissement mutuel infini,

« JE » partage mes expériences, mes ressentis, mes dons,

« JE » me libère de mes peurs et de mes craintes, de mes doutes, de ne pas être à la hauteur, de décevoir, de perdre, de ne pas réussir.

« JE » choisi de cheminer et j’accepte de pouvoir avoir des choses à améliorer, de grandir encore et toujours au contact des autres.

Cette nouvelle étape amène à réinterroger ce qu’il est et ce qu’il souhaite être.

Au cours de sa vie, il sera évidemment de nouveau confronté à des relations qui le ramèneront à des phases de blessures intérieures antérieures.

C’est en cheminant à travers ce parcours initiatique qu’il pourra peu à peu développer son autonomie la plus complète, quasiment stable, équilibrée, harmonique en toutes circonstances.

S'autoriser à faire plaisir ou à être pleinement soi-même ?
 
 

Chacune des phases du cycle de la dépendance réclame de faire le deuil de son « MOI inférieur » ; une image du passé, animée par l'égo blessé (représentation de ce que l'on croit être), basée sur des stratégies de prédation, de division, défense et de protection pour s'orienter vers son "soi supérieur".

L’individu passe donc simultanément par les différentes étapes de synthèse émotionnelles, affectives, cognitives, oniriques, psychiques, énergétiques et physiques de la courbe du deuil ou du changement, théorisée par le Docteur et Psychologue Elisabeth KÜBLER ROSS (3)

Pour cheminer, il est invité fermement à laisser une grande place à ses sentiments, ses sensations, ses ressentis, ses perceptions, ses intuitions, ses observations et aux langages de ses émotions et instincts domestiqués au sein de sa souveraineté intérieure, pour être en mesure d'être réceptif et attentif à l'information multidimensionnelle essentielle qui vient à lui.  

Accepter de vivre sa sensibilité, fragilité et ses vulnérabilités, c'est choisir d'accueillir et de pouvoir s’ouvrir à ses potentialités puissantes inexplorées.

C’est ce processus libératoire dynamique de relation transformationnel holistique implicatif, progressif et intégratif qui lui permettra peu à peu de se libérer des anciens schémas de pensées, de ses habitudes, de ses conditionnements, de ses croyances sociales et culturelles obsolètes qui entravent la fluidité de son évolution harmonique.

Laisser la place à son authenticité, apprendre à mettre sous silence la musique du mental, l’esprit dense du contrôle pour entendre la musique de la conscience du cœur par l'esprit de l'être dans la continuité de l'agir est une expérience unique.

S’autoriser à être vraiment soi-même est pourtant un luxe accessible à tous.

Quant à la notion de plaisir, finalement quoi de plus beau que de faire plaisir en pleine conscience ?

Cela permet d’une part de faire plaisir sans nourrir l’égo blessé d’autrui et d’autre part d’être réellement à l’écoute de l’autre dans l'empathie et la compassion en ayant la capacité de regarder, de se positionner, d'appréhender et de se réapproprier sa vie au-delà des jeux d’autorités, d'annuler toutes les contradictions intérieures, des ruses et des manipulations psychiques tangibles et intangibles les plus répandues.

C'est s'émanciper par le franchissement du passage du fruit de l'enfance dépendante au fruit de la maturité de l'âme d'enfant interdépendante réalisée, en étant à l'unisson de la source de notre vocation véritable et l'éclat lumineux de nos hauts potentiels créateurs pour l'offrir en partage au rayonnement élargie du monde. Une précieuse contribution singulière de l'expression de notre vision audacieuse pérenne de la conscience du cœur à travers les richesses infinies disponibles et accessibles à tous à réactiver.

Alors, à quelle place vous situez-vous dans le cycle évolutif de la dépendance ?

(1)Katherine SYMOR, « l’interdépendance authentique repose sur la conscience des différences et des inégalités, jointe à un sens profond des options et de l’autonomie » dans SYMOR, N.K., Le cycle de la dépendance.
(2)L’ASSUJETTI OU L’OUBLI DE SOI - Le chemin pour se retrouver - Thierry Gaubert 
(3)La courbe du deuil ou du changement de la Psychologue et Docteur Elisabeth KÜBLER ROSS.


Image de couverture - Getty Images -PM Images

dans Voyager
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